
L’engin en charge des travaux. (photo DR)
Un chantier expérimental est en cours à la réserve naturelle de Moëze-Oléron pour redonner vie aux vasières, ces étendues de vase essentielles pour de nombreux oiseaux marins. La Ligue pour la Protection des Oiseaux retire des amas d’huîtres japonaises abandonnées afin de restaurer cet habitat naturel.
Sur le platin de Brouage, au cœur de la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron, une drôle de machine évolue à marée basse. Cette ancienne dameuse à neige, reconvertie pour les milieux marins, glisse sur la vase grâce à deux flotteurs. Son objectif : retirer les structures métalliques laissées par l’ostréiculture et broyer les amas d’huîtres japonaises qui ont colonisé la zone. Car depuis plusieurs décennies, l’activité ostréicole a reculé sur ce secteur. Résultat : les huîtres non exploitées s’y sont accumulées, empêchant le retour d’une vasière naturelle. Or, ces vasières jouent un rôle essentiel dans la biodiversité. Elles filtrent l’eau, stockent du carbone, servent de nurserie à de nombreuses espèces de poissons, et constituent surtout des zones d’alimentation précieuses pour les oiseaux limicoles. L’opération est menée par la LPO, dans le cadre du programme européen LIFE Espèces marines mobiles, coordonné par l’Office français de la biodiversité. Grâce à ces travaux, les scientifiques vont pouvoir suivre pendant plusieurs années l’évolution du site, avec l’espoir de voir revenir des espèces emblématiques comme la barge à queue noire, un oiseau aujourd’hui considéré comme quasi menacé à l’échelle mondiale.
Le chantier se poursuit jusqu’à la fin du mois de mai. Si l’expérimentation est concluante, ce type de restauration pourrait être reproduit sur d’autres vasières du littoral atlantique.

