C’est une lettre aux accents de mea culpa, mais aussi un cri d’alerte. Le procureur de La Rochelle s’adresse à ses équipes après le pré-rapport de l’Inspection générale de la justice sur le traitement de la plainte déposée avant le meurtre de la jeune Lyhanna, 11 ans, dont le corps a été retrouvé sans vie le 4 juin dernier dans le Gers, six jours après sa disparition. Dans son courrier, Arnaud Laraize reconnaît un « échec collectif », tout en dénonçant des moyens insuffisants dans les services de justice et d’enquête.
Une lettre pour soutenir ses équipes, mais aussi pour tirer les conséquences d’un drame. Le procureur de La Rochelle Arnaud Laraize vient d’écrire aux magistrats et personnels de son parquet, après la publication du pré-rapport de l’Inspection générale de la justice consacré au traitement de la plainte du 18 août 2025, dans l’affaire Lyhanna. Dans ce courrier, il parle d’un « échec collectif » auquel, je cite, « aucun professionnel de justice ne peut se résoudre ». Il assure partager la tristesse des équipes et affirme qu’il faut désormais « transformer ce drame en prise de conscience ». Le procureur met en avant les mesures prises depuis comme la revue des dossiers de violences sexuelles sur mineurs, le contrôle des procédures en cours, et le travail avec les services de police et de gendarmerie pour identifier d’éventuels dossiers en attente. Mais derrière cette affaire particulière, il pointe un problème plus large : celui de l’engorgement de la justice. Il cite un rapport inter-inspections de 2023 qui alertait déjà sur des services d’enquête avec plusieurs centaines de procédures en portefeuille, parfois concernant des faits graves. Le procureur estime que les difficultés rencontrées ne concernent pas seulement son parquet. Selon lui, celles-ci résultent d’une charge trop importante pour les enquêteurs comme pour les magistrats, avec des moyens qui ne permettent pas toujours de traiter les dossiers à la hauteur des enjeux. Il appelle donc à une réflexion plus large sur les effectifs, l’organisation et les outils à disposition de la justice. Et il veut convaincre ses équipes qu’elles restent « une partie de la solution » au service des victimes et des citoyens.
Cette lettre intervient alors que le rapport définitif de l’Inspection générale de la justice est attendu pour le 5 septembre. Il devra préciser les éventuels dysfonctionnements dans cette procédure et les suites qui pourraient être données.