Des champs qui sèchent avant même la récolte, des animaux épuisés par la chaleur, des vergers brûlés par le soleil… Après plusieurs jours de canicule exceptionnelle, les agriculteurs de Charente-Maritime dressent un premier état des lieux. Toutes les filières sont touchées, même si l’ampleur des pertes reste encore difficile à chiffrer.
Les feuilles sont déjà jaunes, les épis desséchés. Dans certaines parcelles de maïs, les plantes meurent sur pied avant même d’avoir terminé leur cycle. Les épisodes de canicule à répétition, qui frappent la Charente-Maritime depuis la fin du mois de mai, laissent des traces dans toutes les productions agricoles. Les cultures d’été, comme le maïs et le tournesol, sont parmi les plus menacées, selon la Chambre d’agriculture. En pleine floraison, elles ont subi des températures supérieures à 40 degrés. Les rendements s’annoncent en forte baisse et certaines parcelles pourraient ne jamais être récoltées. Dans les élevages aussi, la chaleur a mis les animaux à rude épreuve. Les vaches laitières produisent jusqu’à huit litres de lait de moins par jour. Certains éleveurs ont perdu des animaux fragilisés, tandis que les jeunes veaux, les agneaux ou encore les volailles ont particulièrement souffert. Les vergers n’ont pas été épargnés. Dans certaines exploitations, entre 30 et 50 % des jeunes pommes sont brûlées par le soleil et ne pourront pas être commercialisées. Les légumes cultivés sous serre comme en plein champ voient également leur potentiel de production diminuer.
À ces pertes s’ajoute une autre inquiétude : le manque d’eau. Les besoins en irrigation ont explosé, et plusieurs bassins sont soumis à des restrictions depuis déjà plusieurs semaines. Si la sécheresse se poursuit dans les prochains jours, de nouvelles limitations pourraient être décidées, aggravant encore une situation déjà très préoccupante pour les agriculteurs du département.
Les conséquences économiques de cet épisode de chaleur ne sont pas encore connues. La Chambre d’agriculture de Charente-Maritime/Deux-Sèvres estime qu’il est encore trop tôt pour chiffrer précisément les pertes, mais elle prévient que les effets pourraient se faire sentir pendant plusieurs mois, voire jusqu’aux prochaines récoltes.

