Bilan mitigé cet été pour l’activité touristique en Charente et Charente-Maritime. La saison 2026 s’achève sur un résultat en demi-teinte dans les deux départements. Si la fréquentation reste globalement proche de celle de l’an dernier, les professionnels constatent surtout une baisse des dépenses et une pression accrue sur leurs marges. Entre pouvoir d’achat, prix de l’essence et fortes chaleurs, les habitudes des touristes ont fortement évolué.
Dans les deux Charentes, l’été 2026 aura été plutôt contrasté pour les professionnels du tourisme. La haute saison, qui représente près de 45 % de la fréquentation touristique annuelle, affiche une légère baisse du nombre de nuitées par rapport à 2025. Le recul est davantage marqué en juillet, tandis que le mois d’août semble avoir mieux résisté. Les touristes français, qui représentent 77 % de la clientèle, sont eux aussi légèrement moins nombreux. En tête des clientèles : les habitants d’Île-de-France et de Nouvelle-Aquitaine.
Côté étrangers, ils représentent 23 % des visiteurs. Leur fréquentation reste globalement stable sur un an, mais demeure en retrait par rapport à la moyenne des trois dernières années. Les Britanniques, les Allemands et les Néerlandais restent les principales clientèles étrangères.
Pour les professionnels, le principal signal d’alerte est économique. Près de 55 % déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires cet été. Plus de 40 % constatent également une dégradation de leurs marges et de leur trésorerie par rapport à 2025. En cause notamment : les arbitrages liés au pouvoir d’achat et au prix de l’essence. Plus de 60 % des professionnels constatent une baisse des dépenses des touristes. Les réservations de dernière minute progressent, tandis que les séjours ont tendance à raccourcir et que les vacanciers recherchent davantage les promotions ou les activités gratuites. Autre phénomène marquant : les fortes chaleurs, qui ont pesé sur l’activité pour plus d’un professionnel sur deux et contraint les acteurs du tourisme à s’adapter.
Enfin, un quart des professionnels des deux Charentes a constaté un report de clientèle girondine vers leur territoire, dans le contexte des incendies dans le département voisin.
À l’échelle départementale, la Charente affiche une fréquentation stable mais un ressenti plus réservé, tandis que la Charente-Maritime connaît un léger recul de fréquentation, mais avec une satisfaction professionnelle plus élevée.
Un bilan donc mitigé, avec tout de même une amélioration du ressenti des professionnels entre juillet et août : ils étaient 50 % à se déclarer satisfaits en juillet, contre 69 % en août. Reste désormais à voir si cette tendance se confirme en arrière-saison, alors que les professionnels doivent composer avec un contexte économique toujours incertain.